Témoignage de Sophie

IMG 20171130 WA0004Sophie est en SVE en République Tchèque depuis mars 2017 et jusqu'en février 2018. Elle partage avec nous les riches aventures qu'elle vit dont un étape en Serbie auprès de migrants : "Ce n'est pas un guide sur la façon d'être un bon volontaire, loin de là. Non, c'est simplement l'histoire de comment nous avons passé une semaine avec des réfugiés en Serbie. Ou, pour le dire d'une autre façon, c'est ainsi que nos fêlures ont fleuri en petites victoires."

"Tout d'abord, nous nous présentons: nous nous appelons Alicia et Sophie, nous venons respectivement d'Espagne et de France, et faisons actuellement un service volontaire européen d'un an en République Tchèque.

Il est facile d'oublier ce qui se passe dans le monde qui vous entoure lorsque vous n'y êtes pas directement confronté. Travailler avec les réfugiés est donc quelque chose que nous voulions faire avant de rentrer chez nous et de quitter la République Tchèque.
C'est ainsi que notre voyage a commencé et plus de 700 km plus loin, nous sommes arrivées à Belgrade, en Serbie.

Nous étions sur le point d'ouvrir les portes de l'organisation avec laquelle nous avions été en contact, prêts à nous embarquer dans une expérience qui allait changer notre vie. Du moins c'est ce que nous pensions.
Le premier jour était le plus dur, nous nous sentions plutôt mal à l'aise, ne sachant pas quoi faire au milieu de tous les réfugiés et des gens qui y travaillaient. Nous ne savions pas par où commencer ni comment les aborder et maladroitement, nous avons décidé d'attirer l'attention des enfants en ciblant les parents. Avec quelques dessins et quelques crayons de couleur, cela s'est avéré plus facile que prévu.
Ils étaient heureux de faire autre chose que d'attendre dans un coin et dans cet esprit, nous sommes revenus le lendemain avec plus d'activités et de jeux, et plus motivées que jamais. Cependant, le deuxième jour, les enfants étaient partis et nous sommes restées dans une mer d'adultes qui avaient l'air de ne pas vouloir être dérangés. Retour à la case départ.
Mais grâce à l'un des membres de l'organisation, tout n'était pas perdu. Il a demandé à des réfugiés de nous rejoindre dans la salle des ateliers et beaucoup d'entre eux sont venus. Le premier contact était fait, nous avions juste à entretenir les liens.
Nous ne nous attendions pas à ce qu'ils soient intéressés, mais ils continuaient à venir et à rester avec nous, profitant de notre compagnie. Nous nous sommes senties si reconnaissantes!
Même si nous ne sommes pas anglophones et que certains d'entre eux ne comprenaient pas l'anglais, nous avons trouvé un moyen de communiquer, en utilisant une carte, des gestes, ou même avec l'aide de Google Traduction.
Pour le reste de la semaine, nous étions censées être les «enseignants», nous avons donc préparé des ateliers pour faire des origamis, des bracelets et des dessins ; mais au final, ils nous ont appris plus que nous n'aurions jamais pu imaginer.
Comme nous jouions à nous présenter, nous avons eu l'occasion de parler et de nous connaître. Ils nous ont fait découvrir différents parcours, les retraçant sur une carte, évoquant les difficultés qu'ils avaient rencontrées et les difficultés à venir. Ils nous ont montré leurs blessures, leurs mains égratignées et leurs membres meurtris et ont partagé avec nous des photos de leurs vies d'avant.

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Avant ces rencontres, nous pensions connaître plus ou moins leur situation. Avoir des personnes en face de soi qui ont vécu ces expériences, qui vous expliquent comment ils ont réussi à se rendre en Serbie, cela a été d'autant plus réel.
Nous pouvons maintenant mettre des visages sur les histoires que nous lisons dans les nouvelles, des visages qui sont devenus nos amis, et cela donne une toute nouvelle dimension à la cruauté du monde.
Même s'ils n'ont plus beaucoup de leurs vies passées et portent littéralement leurs maisons dans leurs sacs à dos, ils ont insisté pour nous donner des cadeaux. Mais le cadeau le plus précieux que nous avons reçu était leur amitié.
Il y a une expression en espagnol qui dit «mourir d'amour», cela exprime exactement ce que nous ressentons pour les gens que nous avons rencontrés.
Peut-être que les choses que nous avons faites peuvent sembler stupides, mais parfois vous avez juste besoin d'une pause dans la réalité. Cette semaine passée à Belgrade aux côtés de gens si généreux nous a donné l'inspiration et la motivation pour faire plus à l'avenir.
Cette expérience nous a affecté plus que nous ne le pensions, et il était difficile de dire au revoir.
Donc, ce n'est pas un au revoir mais un "à bientôt". <3

"Beaucoup de petites gens, dans de nombreux petits endroits, font de petites choses qui peuvent changer le monde." Eduardo Galeano

 Texte traduit de l'anglais

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Version originale de Sophie et Alicia
Serbia 2017

This is not a guide on how to be a good volunteer, far from it. No, this is simply the story of how we spent a week with refugees in Serbia. Or, to put it in another way, this is how our failures bloomed into small victories.
First of all, let us introduce ourselves: our names are Alicia and Sophie, we come from Spain and France respectively, and are currently doing a year-long European Voluntary Service in the Czech Republic.
It's easy to forget what's going on in the world around you when you are not directly confronted to it. Therefore working with refugees is something we wanted to do before returning home and leaving the Czech Republic.
So this is where our journey first began and more than 700 km farther, we arrived in Belgrade, Serbia.
Here we were, about to open the doors of the organisation with which we had been in contact, ready to embark in what would be a life changing experience. Or that’s what we thought.
The first day was the hardest, we felt rather awkward, not knowing what to do in the middle of all the refugees and the people who were working there. We didn't know where to begin or how to approach them and clumsily, we decided to grab the attention of the children by targeting the parents. With some drawings and some colour pencils, it turned out to be easier than we had anticipated.
They were happy to do something other than waiting in a corner and with that in mind, we came back the next day with more activities and games planned, and more motivated than ever.
However, the second day, the children were gone and we were left in a sea of adults who looked like they didn’t want to be disturbed. Back to square one.
But thanks to one of the members of the organization, all was not lost. He asked some refugees to join us in the workshop room and many of them came. The first contact was made, we just had to keep them entertained.
We hadn't expected them to be interested, but they kept coming and staying with us, enjoying our company. We felt so grateful!
Even though we are not English native speakers and some of them didn’t know any English, we found a way to understand each other, either by using a printed map, gestures, or even with the help of Google Translate.
For the rest of the week, we were supposed to be the “teachers,” so we prepared some workshops, made origami, bracelets, and drawings; but in the end, they taught us more than we could have ever imagined.
As we played games to introduce ourselves, we had the chance to talk and get to know each other. They opened up to us about their different journeys, retracing them on a map, talking about the difficulties they had faced and the difficulties that are still to come. They showed us they injuries, scratched hands and bruised limbs and shared with us pictures of their lives from before.
Before these encounters, we thought we knew more or less about their situation. But having somebody who lived these experiences explain to you how they managed to make their way to Serbia, made it all the more real.
We can now put faces on the stories we read about in the news, faces that have become our friends, and it gives a whole new dimension to the cruelty of the world.
Even though they don't have much left from their past lives and literally carry their houses in their backpacks, they insisted on giving us gifts. But the most precious gift we received was their friendship.
There is an expression in Spanish that says “dying of love,” this expresses exactly what we feel for the people we met.
Maybe the things we did can seem silly, but sometimes you just need a break from the reality. This one week we spent in Belgrade alongside such generous people gave us the inspiration and motivation to do more in the future.
This experience affected us more than we thought it could, and it was hard to say goodbye.
So this is not a goodbye but a “see you soon.” <3

“Many small people, in many small places, doing small things can change the world.” Eduardo Galeano


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